Le 30 août 2024, l’heure était au bilan pour le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). Un an s’est écoulé depuis le coup d’État qui a placé Ali Bongo en résidence dorée, excusez du peu. Un an que la famille de ce dernier a été écrouée à Sans Famille. Un an que le Parti Démocratique Gabonais se cherche une nouvelle voie, et même une nouvelle voix. Un an que les spéculations sur les changements opérés dans la société gabonaise alimentent les conversations. Pour les uns, rien n’a changé depuis le coup d’État. Pour les autres, le changement est bien palpable. Certains préfèrent vaquer à leurs occupations sans s’occuper du point de vue des uns et des autres. La question demeure. Qu’est-ce qui a changé depuis le coup d’État du 30 août 2023 ?

Afin d’éviter toutes spéculations inutiles et offrir des éléments sur lesquels s’appuyer pour porter un jugement sur la question du changement, j’ai décidé de dresser ce tableau qui n’est pas exhaustif, mais qui a le mérite de répertorier l’essentiel des méfaits reprochés au Parti Démocratique Gabonais sous l’ère d’Ali Bongo Ondimba et sous celle d’Omar Bongo Ondimba. À partir des éléments fournis, chacun pourra dire s’il y a eu changement ou non. 

À quel niveau se trouve la Transition du général Brice Clotaire Oligui Nguema ? 

Ne croyez pas que tous les méfaits reprochés au Parti Démocratique Gabonais trouveront des solutions en un an d’exercice. Cependant, l’on devrait entrevoir les prémices de solutions visant à changer de paradigme ou peut-être une réelle volonté de changer positivement les choses. 

Ce tableau nous permet d’évaluer les efforts du CTRI et de la Transition dans la transformation profonde de la société gabonaise. Par ailleurs, il peut être considéré comme une feuille de route citoyenne pour les dirigeants actuels et les futurs dirigeants qui prendront les rênes du Gabon à l’issue de la Transition. Il ne s’agira plus seulement d’éviter les erreurs du Parti Démocratique Gabonais, mais de réparer les torts faits à la population.

Comment noter ?

J’ai répertorié 40 reproches faits au Parti Démocratique Gabonais. Des points sont attribués au CTRI et à la Transition pour chaque problème résolu ou non. Ensuite, on additionne les points obtenus. Le total des points donne une note sur 40. 

Les points et leurs significations :

0 = non résolu 

0,25 = début de solution 

0.5 = à moitié résolu

0,75 = presque résolu 

1 = résolu

NB : les points présents dans ce tableau sont ceux d’un citoyen gabonais pris au hasard. Chacun peut attribuer ses propres points et proposer une note à la Transition et au CTRI. N’oubliez pas de laisser votre note dans les commentaires.

Arnaud N’zassy

Tableau d’évaluation des actions du CTRI et de la Transition gabonaise face à l’héritage contesté du PDG après le 30 août 2023.

Problèmes reprochés au PDGPoints
1Détournement des deniers publics0
2Impunité contre les crimes rituels0
3Le culte de la personnalité vis-à-vis du chef de l’État.0
4L’absence de l’autosuffisance alimentaire (l’importation sauvage des aliments pouvant être produits au Gabon : viande, poisson, tubercule de manioc, banane…).0
5Manque criant de logements pour les populations.0
6Manque criant de terrains viabilisés pouvant permettre aux Gabonais d’être propriétaire d’une parcelle.0.25
7Très lente prise en charge dans les hôpitaux du pays (vous arrivez aux urgences et êtes reçu 1 h, 2 h ou 3 h plus tard, sans compter la gymnastique relative à la CNAMGS).0
8Arrestations avec enlèvement ou sans convocation, ou encore pour une destination inconnue des proches. 0
9Mort infligée à des citoyens par les forces de l’ordre ou les forces de défense zélées0
10L’absence de bourse scolaire au collège et au lycée.1
11Retard de paiement des bourses à l’université Omar Bongo.0
12Dilapidations des deniers publics pour des projets non prioritaires.0.25
13Une justice à deux vitesses : une pour le président et ses proches, et une autre pour les populations qui manquent de relations au sein du cercle présidentiel, du gouvernement ou simplement du milieu politique.0
14Nominations des copains, des coquins et des parents à des postes importants.0
15Conditions de détention inhumaines à la prison centrale de Libreville.0
16Provincialisation du service public à travers les nominations massives des Gabonais issus de la province et de l’ethnie du chef de l’État à des postes clés.0
17L’augmentation incontrôlée des prix des denrées alimentaires (la vie chère)0.25
18Racket des policiers et des gendarmes dans les villes et le long de la route nationale. 0
19Effectifs pléthoriques dans les salles de classe au sein des établissements primaires et secondaires du Gabon.0
20Un manque criant d’enseignants dans tout le pays.0
21Personnel de santé insuffisant dans les hôpitaux du Gabon.0
22Présence des pédégistes dans la gestion du pays.0
23Interdiction de manifester contre le régime (pouvoir) en place.0
24La présence d’un proche du président à la Cour constitutionnelle.0
25Silence sur les primes colossales perçues par les directeurs généraux, les ministres, les conseillers du président ainsi que le directeur de cabinet.0
26Impossible pour les journalistes de s’exprimer sur tous les sujets et sur toutes les personnalités sans être inquiété par le pouvoir : intimidations, menaces, suspension, retrait de la carte de presse…0.25
27Coupure abusive d’eau et d’électricité.0
28La préférence des groupes électrogènes (au lieu de construire des barrages hydroélectriques dans ce pays traversé de long en large par l’Ogooué et ses affluents.)0
29Le manque d’eau dans de nombreux quartiers à travers tout le pays.0
30Frais de douane trop élevés, privant les Gabonais de véhicules ainsi que d’autres biens. 0
31Cherté des billets d’avion et de bateau pour circuler à l’intérieur du pays.0.25
32Création de décrets et des lois en faveur du maintien du chef de l’État au pouvoir.0
33Présence de l’armée française sur le territoire gabonais.0
34La présence des accords coloniaux français (faisant du Gabonais un néocolonisé français.)0
35L’utilisation du Franc CFA au Gabon (monnaie historiquement coloniale et propriété de la France.)0
36L’absence de cartes d’identité nationale.0.75
37Précarisation des emplois et manque de protection des travailleurs gabonais avec des employeurs qui maltraitent leurs employés : contrats de trois mois, six mois ou un an, renouvelables à l’infini.0
38Le français comme langue nationale du Gabon au détriment des langues locales (Fang ; Punu Nzébi ; Kota ; Mièné, etc.)0
39Loi électorale favorisant la fraude. 0
40L’obligation de regarder les chaînes nationales avec les décodeurs et les bouquets des entreprises étrangères – notamment françaises – dans certaines parties du Gabon.0.25
Total : 2.25 / 40