Après les inspecteurs de français et de philosophie, le tour est revenu ce jeudi 11 avril 2024 à mesdames KENGUE NGUELE (Inspecteur Vie Scolaire), Judith AVORE EMANE (Inspecteur Administration de l’Education) et Édith Josiane MINKOUE BEKA MENGUE épse NZE (Inspecteur en Administration de l’Education). Les inspectrices ont organisé un atelier de renforcement des capacités en administration de l’éducation et en vie scolaire afin d’édifier les membres de l’administration scolaire sur les missions assignées à chacun.
À l’issue des présentations d’usage, les inspectrices ont ouvert les ateliers sur le thème : « Pilotage d’un établissement du second degré général : rôles et missions des personnels. » Le collège des administratifs s’est organisé par petits groupes de 5 ou 6 participants pour travailler sur les différentes stratifications de l’administration scolaire et les missions de chacun dans les lycées et les collèges du Gabon.

Les missions des membres de l’administration scolaire doivent être connues pour le bon fonctionnement des établissements. Il était donc question de passer en revue les rôles du chef d’établissement, des services spécialisés, des surveillants, des censeurs vie scolaires, des censeurs pédagogiques et les intendants. Soulignons que la méconnaissance de ces différents rôles entraine parfois des conflits inextricables.
Il n’est pas rare d’observer des chevauchements de compétences dans un grand nombre d’établissements. Quelquefois, c’est le chef d’établissement qui s’arroge tous les rôles, créant ainsi la confusion dans son administration. Il arrive que ce dernier transforme ses collaborateurs en sujet. Selon ses envies et son humeur, le censeur doit laisser ses tâches administratives pour lui acheter des croissants ou récupérer ses enfants dans une école à l’extrémité de la ville. Sans compter les conflits qui voient certains chefs d’établissement se crêper le chignon avec les intendants peu dociles. C’est sans doute pour cette raison que les inspectrices ont jugé utile de revenir sur les missions des uns et des autres.

Pour les inspectrices, il est impératif de se référer à la norme, c’est-à-dire aux textes réglementaires. Elles ont rappelé l’importance du rôle du chef d’établissement. Ce dernier doit valoriser ses collaborateurs. Comme le souligne madame Judith AVORE EMANE : « Il n’y a pas de sous-collaborateur. » Cette étape soulève la question de l’équité face aux différents collaborateurs. Ne s’agit-il pas de loger tous les collaborateurs à la même enseigne ?
Par ailleurs, les inspectrices ont précisé l’importance pour le chef d’établissement d’avoir une vision. Il est invité à innover en fonction des enjeux éducatifs auxquels il fait face. Il doit veiller sur le bien-être des apprenants. Sa tâche demeure lourde. C’est pourquoi il doit être accompagné par les censeurs dans les lourdes responsabilités qu’il occupe.
Madame Édith Josiane MINKOUE BEKA MENGUE épse NZE, quant à elle, est revenue sur le rôle du censeur pédagogique. Elle a insisté sur le contrôle du cahier de textes. Ce contrôle permet entre autres de recadrer les progressions hasardeuses. Elle a rappelé que le censeur avait le droit de se rendre dans les salles de classe en cas de nécessité, c’est-à-dire quand des problèmes sont posés sur le plan pédagogique.

Nombreux sont les censeurs qui se trouvent dans l’incapacité de se rendre dans les classes à cause du caractère réfractaire des collègues chargés de cours. Ces chargés de cours estiment qu’ils n’ont de compte à rendre qu’aux inspecteurs. Madame Édith Josiane MINKOUE BEKA MENGUE a insisté sur ce droit en cas de besoin.

Pour ma part, c’est peut-être le lieu d’ajouter que les contestations de certains chargés de cours reposent quelquefois sur la personnalité du censeur plutôt que son rôle en tant que censeur. Autrement dit, certains censeurs ne sont pas jugés dignes par leurs collègues qui connaissent leurs compétences pour avoir partagé la salle de professeur avec eux. Comment respecter un censeur qui n’a pas été lui-même un modèle en tant que chargé de cours ?
L’arrivée des nouvelles autorités se présente également comme une belle occasion de couper les liens des mauvaises pratiques : nominations claniques, nominations politiques, nominations économiques (avec pourcentage), etc. Avec la nouvelle dynamique impulsée par les autorités de la Transition, je peux espérer que les nominations en milieu scolaire obéiront à cette volonté de remettre l’école gabonaise sur les rails. Revenons sur l’animation.

Madame KENGUE NGUELE a poursuivi la plénière sur la question du climat scolaire et la qualité de vie au sein de l’établissement. Elle a précisé que les services spécialisés avaient pour chef le censeur vie scolaire. Elle a, pour sa part, insisté sur la mise en place des activités socio-éducatives afin de canaliser les apprenants qui débordent souvent d’énergies et sont souvent prêts à participer à ces activités.
Il est à noter que les censeurs pédagogiques ne sont pas supérieurs aux censeurs vie scolaire. D’ailleurs, l’organigramme présenté par les inspectrices les place au même niveau, le proviseur étant leur chef hiérarchique. Cette réponse met fin aux conflits qui défraient souvent la chronique entre ces deux entités administratives qui offrent volontiers des batailles de titans au grand dam de l’administration scolaire.
Pour éviter d’éventuels chevauchements de compétences et les conflits inutiles au sein de l’administration scolaire, chaque agent doit s’approprier ses missions et maîtriser les textes réglementaires pour une meilleure gestion des lycées et collèges du Gabon.






















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