Le 11 septembre 2025, les enseignants du Moyen-Ogooué ont pris part à l’atelier de formation sur l’approche par les compétences (APC). Les différentes disciplines des collèges du Gabon étaient concernées. La formation était axée sur l’utilisation du manuel Concorde, l’élaboration de la fiche pédagogique et la conception des situations d’intégration.
Au département de français, le conseiller pédagogique Paul Paolo Ondo Obame, assisté de monsieur Macosso Makaya (conseiller stagiaire), a non seulement apporté un éclairage sur l’utilisation du manuel Concorde, mais a également répondu aux préoccupations des enseignants de français. Au titre de ces préoccupations, figurait celle du nouveau format du sujet de français au BEPC. La question était sur toutes les lèvres : « À quoi ressemble le sujet du BEPC selon l’APC ? »

Cette inquiétude n’est pas fortuite car beaucoup d’enseignants préparent les apprenants à l’examen du BEPC dès le début de l’année. Ils attendaient ardemment la venue des encadreurs pédagogiques pour avoir des précisions sur ce sujet puisque l’arrivée de l’APC en quatrième et en troisième bouscule inévitablement les pratiques habituelles auxquelles il faudrait bien s’adapter (aussi bien chez les enseignants que chez les élèves).


La question des volumes horaires était aussi au centre des préoccupations. On a 4 h en français (4h) et sept rubriques (7). Le conseiller pédagogique Paul Paolo Ondo Obame avait donc du pain sur la planche dès l’ouverture de la séance. En français, l’APC aborde plusieurs rubriques : lecture ; grammaire ; conjugaison ; orthographe ; vocabulaire ; production écrite et production orale. Soit un total de sept rubriques. On peut donc se demander comment enseigner sept rubriques en 4h par semaine en sachant qu’une rubrique équivaut à 1h de cours. Faut-il sacrifier certaines rubriques ou augmenter le nombre d’heures de cours de français jusqu’à 7h ? Le conseiller pédagogique était inéluctablement invité à répondre à ces questions.

Vous l’avez sans doute remarqué : avec l’APC, le volume de travail du professeur de français a nettement augmenté. Pourtant, certains enseignants se retrouvent avec 6 classes de français et 3 niveaux. Dès lors, comment travailler efficacement dans de telles conditions ? N’est-ce pas la subtile programmation d’un AVC ou un burnout ? Ce problème a également taraudé l’esprit des enseignants qui comptaient sur la nouvelle méthode pour améliorer leurs performances. En effet, que peut bien faire un enseignant à qui l’on donne 6 classes de français et 3 niveaux ?
Si l’on prend une moyenne de 50 élèves par classe, ces enseignants de français doivent encadrer au moins 300 élèves par semaine pour les 6 classes. Si l’on considère un minimum de 3 évaluations par trimestre (palier 1 ; palier 2 et la note de classe), cela produit 900 copies à corriger pour le trimestre, sans compter les interrogations et les devoirs de maison. À moins d’être Superman, on peut bien se demander comment ces professeurs de français feront pour préparer leurs cours, corriger près ou plus de 1000 copies, concocter les devoirs, participer aux activités des clubs (théâtre ; poésie et slam ; presse…).


Il ne fait aucun doute que le programme APC en français aide les apprenants à explorer de nombreuses thématiques en rapport avec leur quotidien. Ce qui est d’ailleurs une bonne chose. Toutefois, cette méthode ne peut être efficace que si l’enseignant est placé dans des conditions optimales. L’apprenant étant désormais au centre de son apprentissage, l’enseignant qui l’accompagne dans ce voyage doit être en pleine possession de ses moyens : un enseignant fatigué, pourchassé par les migraines, au bord du burnout ou de l’AVC ne sera d’aucune utilité à cet apprenant.


En outre, l’élaboration de la fiche pédagogique a permis d’actualiser les pratiques. Les conseillers ont insisté sur les termes ou concepts qui accompagnent dorénavant la nouvelle approche pédagogique. Ils n’ont pas manqué d’insister sur l’importance de la participation active des élèves pendant les cours.


La conception des situations d’intégration a également été abordée en atelier. Cette étape a permis aux participants de s’enrichir mutuellement. Par ailleurs, la conception de la grille a contribué à l’harmonisation des pondérations relatives aux sujets d’intégration. Cela a encore permis d’explorer les sujets d’intégration sous toutes les coutures.

Les participants ont remercié les encadreurs qui ont levé le voile sur une méthode qui continue de faire couler beaucoup d’encre dans la presse et les réseaux sociaux. Le 12 septembre, la formation a pris fin au Lycée Public Charles Mefane où l’administration a tout mis en œuvre pour le bon déroulement des rencontres.

