La question des délestages revêt désormais un caractère honteux pour le pays. Ce qui semblait n’être au début qu’une perturbation passagère des fournitures d’électricité devient un véritable obstacle pour la paisible vie des citoyens gabonais. En effet, les nombreuses coupures d’électricité observées à Libreville ont des conséquences néfastes pour les Gabonais dont la vie quotidienne et la misère ressemblent déjà à l’épreuve du rocher de Sisyphe.

Les répercussions sur le plan économique sont sans bornes. L’énergie est la première ressource dans le domaine industriel. Quelle réelle industrie peut-on développer sans la première source d’énergie qu’est l’électricité ? Pour les potentiels investisseurs, l’instabilité de la fourniture en électricité représente un véritable frein au développement des affaires. Pendant les moments chauds de la guerre en Ukraine, on se souviendra encore du conflit entre l’industriel Nammo, le géant des réseaux sociaux TikTok et la Norvège sur la question de l’électricité, ainsi qu’on peut le lire sur un article publié par TF1 info le 29 mars 2023 : « Nammo, un mastodonte européen de la fourniture d’armes, n’arrive pas à remplir son carnet de commandes pour aider Kiev. En cause ? La présence voisine d’un centre de données appartenant à TikTok, lequel utilise une grande partie de l’électricité de la région. » Pourquoi TikTok a-t-il décidé d’installer ses serveurs en Norvège ? C’est à cause de cette garantie d’offrir une énergie abondante en électricité sans interruption. Ainsi, pour beaucoup d’industriels, la fourniture d’une électricité stable est la condition sine qua non pour s’installer dans un pays. Le Gabon ne déroge pas à la règle. La coupure soulignée par le Pr. Ondo Ossa durant son live sur la page TikTok de la Princesse de Souba est une très mauvaise publicité pour le pays, face aux investisseurs internationaux.

En direction des entrepreneurs locaux, il est difficile de compter les innombrables inconvénients des coupures intempestives d’électricité. Quelques exemples suffisent amplement pour en faire le tour. Il vous est sans doute déjà arrivé de chercher à photocopier un document dans une petite papeterie ou une librairie. On vous annonce qu’il y a une coupure d’électricité savamment orchestrée par la SEEG. Imaginez le manque à gagner pour l’entrepreneur qui perd des clients. Imaginez l’embarras du client. Ne parlons même pas des tenanciers de bars qui sont dans l’impossibilité d’offrir à leurs clients des boissons fraîches. Faut-il également parler des entrepreneurs qui fournissent un travail de bureautique aux élèves, aux étudiants et aux professionnels ? Les exemples sont légion.

Dans les ménages, les coupures d’électricité sont encore plus dévastatrices. Des plaintes montent, se croisent, se coupent, la colère s’accroît et les dirigeants du pays sont appelés à la rescousse. Il s’agit d’un véritable tsunami dans certaines maisons : télévisions et congélateurs hors service ; avec une réfrigération compromise, les aliments pourrissent. Manger devient un parcours du combattant pour les familles nombreuses et sans ressources financières considérables. Le problème des délestages vient donc enfoncer le clou de la vie chère au Gabon. Ceux qui vivent aux frais de l’État ne sont évidemment pas concernés par ces difficultés.

Contrairement à ceux que certains acteurs de la vie politique gabonaise semblent croire, les délestages de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon ont un impact néfaste sur l’économie du pays et le bien-être du peuple. En parlant d’énergie, nous sommes d’ailleurs en droit de nous demander pourquoi il y a   autant de délestages dans un pays traversé en long et en large par l’Ogooué. Le live de la Princesse de Souba a démontré que le mal du Gabon est profond.

Je m’arrête ici. On va encore dire que N’zassy parle trop.