Pour les Gabonais qui ont suivi les confrontations qui ont opposé la Young Team et le Copil Citoyen, Bernard Christian Rekoula n’est plus à présenter. Il est aussi connu pour avoir réalisé des documentaires inédits sur le Gabon. L’ingénieur en audiovisuel n’est pas seulement connu pour son professionnalisme dans le milieu des médias, mais est encore connu pour être le seul Gabonais à s’être levé frontalement contre les actions de Perenco au Gabon. C’est dire que le courage de l’homme est bien connu dans le milieu de l’activisme gabonais.
L’ouverture du Dialogue National Inclusif a suscité beaucoup d’enthousiasme chez bon nombre de Gabonais, même si l’absence de Geoffroy Foumboula Libeka a quand même éveillé des soupçons quant au bien-fondé de cette rencontre. Ces soupçons ont très vite été dissipés lorsque l’on a annoncé la participation de Bernard Christian Rekoula dont la probité demeure intacte.
À l’issue des travaux du Dialogue National Inclusif qui ont abouti à la conception d’un rapport final remis au président de la Transition, notre compatriote a dénoncé les écarts qu’il y aurait, selon lui, entre le document bouclé en commission et celui transmis au Chef de l’État. Comme il le dit : « Dans un souci de suivi de nos actions, je me suis mis à prendre le rapport de la commission dans laquelle j’étais et je l’ai comparé à ce qui a été présenté… Grande a été ma surprise qu’au final, le rapport qui a été présenté par madame la ministre au président de la Transition est un rapport biaisé. » Notons qu’un autre participant à cette commission a corroboré les propos de Bernard Christian Rekoula. Dès lors, quelle légitimité peut avoir un tel dialogue s’il est avéré que le travail des commissions a été réorienté à des fins occultes ?
Depuis la sortie de notre compatriote, aucun communiqué officiel n’a daigné éclairer les Gabonais sur les éventuelles manipulations du rapport final du Dialogue National Inclusif. Un fait bien curieux qui rappelle l’amère opacité de l’information au temps d’Ali Bongo Ondimba. Pourtant, c’est sur la base de ce document querellé que les Gabonais seront invités à voter dans un prochain référendum. De qui se moque-t-on ?

Il faut l’avouer, depuis le coup d’État du 30 août 2023 jusqu’à ce jour, l’enthousiasme des populations pour le CTRI ne cesse de s’émousser. La télévision nationale qui avait été applaudie au début de la Transition est désormais accusée d’actualiser et de sublimer le kounabélisme. Les nominations des copains et des parents ont enfoncé le clou d’un dégoût déjà profond vis-à-vis des nouvelles autorités. Ici et là, on regrette que le général Brice Clotaire Oligui Nguema soit si mal entouré. On regrette surtout que des citoyens honnêtes comme Bernard Christian Rekoula soient écartés de la gestion du pays à un moment où la Nation gabonaise a besoin de citoyens modèles. Pour beaucoup de Gabonais, l’espoir a laissé place au désespoir.
Je m’arrête ici. On va encore dire que N’zassy parle trop.


