Le système éducatif gabonais est resté longtemps figé dans ses pratiques. Il a même perdu de nombreux acquis au passage. C’est d’ailleurs avec la Transition que nous avons eu le retour de la bourse au lycée et au collège. Un autre événement, appuyé par la ministre de l’Éducation nationale, vient soulager les élèves et les parents des apprenants : il s’agit de la création de nouveaux centres d’examen. En effet, les pratiques qui consistaient à déplacer les bacheliers vers les capitales provinciales pour y passer le baccalauréat étaient une réelle déconvenue pour les parents et les apprenants.

Il faut tout d’abord dire que ces déplacements comportaient de grands risques pour les candidats à l’examen du baccalauréat. En effet, le parcours qui permettait de rallier les capitales provinciales à partir des villes périphériques était parsemé de nombreux dangers. Les élèves du Lycée François Meye qui devaient quitter la ville de Ndjolé pour se rendre à Lambaréné affrontaient plusieurs problèmes routiers : les ravins qui ne laissaient entrevoir que les cimes des arbres ; les éboulements par endroit ; des rencontres surprises avec les éléphants colériques ; les croisements inopinés avec les grumiers ; les chauffards qui accélèrent aux tournants au lieu de ralentir… On se souviendra encore de l’accident des élèves de ce lycée qui eut lieu sur ce même trajet lorsqu’ils rentraient de Lambaréné après leur participation à l’examen du baccalauréat.

Ensuite, il fallait voir dans ces déplacements une dépense supplémentaire pour les parents, durement éprouvés par les multiples charges financières et l’évolution du coût de la vie qui contraste avec la courbe des salaires au Gabon. Les parents étaient obligés de préparer le voyage de leurs progénitures. Ceux qui avaient plus d’un bachelier à l’appel devaient casser leur tirelire. Les élèves qui partaient de Mbigou pour rejoindre la ville de Mouila devaient se munir d’une somme bien rondelette pour assurer les frais relatifs au séjour : l’hébergement, l’alimentation, le transport, etc. Or, la misère qui sévit en milieu rural ne permet pas d’assumer toutes ces charges sans y laisser des plumes.

Enfin, le dépaysement a largement contribué au stress des candidats. En effet, en plus de préparer l’examen, ces apprenants devaient s’adapter à leur nouvel environnement, à quelques jours du baccalauréat, voire quelques heures pour ceux qui se déplaçaient la veille des épreuves. Il n’est évidemment pas facile de se concentrer sur le baccalauréat quand on doit en même temps chercher comment se restaurer, faire la lessive, se soigner en cas de maladie, se réunir avec les camarades pour les derniers réglages. Le stress était à son comble pour nos déplacés.

Comme on peut le voir, la création de nouveaux centres d’examen est un soulagement considérable pour les parents et les apprenants. Il reste encore beaucoup à faire. Nous espérons que le ministère de l’Éducation nationale restera sur cette voie afin d’améliorer ce système éducatif qui a longtemps souffert de l’irresponsabilité des dirigeants gabonais.