Les Gabonais demeurent-ils finalement incorrigibles ? Il semble que les vieilles habitudes du système Bongo-PDG ont du mal à quitter les esprits des uns et des autres. C’est peut-être la conséquence d’un lavage de cerveau savamment orchestré par le PDG durant une cinquantaine d’années. Sinon, comment expliquer cette propension, cette inclination maladive de se voir nommé en Conseil de ministre ? En effet, l’on a du mal à expliquer le revirement de certains Gabonais, et en particulier celui de certains activistes qui avaient pourtant bien accueilli le CTRI le 30 août 2023, du moins, jusqu’aux différentes nominations. Certains activistes ont même estimé que le CTRI pouvait nommer leurs enfants s’ils n’étaient pas eux-mêmes promus. C’est simplement extraordinaire !

N’ayant pas eu gain de cause, ces activistes de la diaspora se sont soudainement mués en détracteurs intransigeants du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions. C’est dommage, car pour de petites nominations et l’appât du gain, ces activistes ont complètement oublié que le pays était pris en otage par la Légion étrangère. Pour des nominations et l’appât du gain, ces activistes de la diaspora ont complètement oublié que Jean Rémy Yama était injustement incarcéré. Ils ont oublié qu’il y a eu des morts en 2009 et en 2016. Ils ont oublié que des milliards étaient pillés dans le pays au grand dam des chômeurs gabonais. Les Gabonais ont-ils la mémoire courte ?

Ces nouveaux détracteurs, dans un chantage éhonté, exigent d’être nommés en échange de leur soutien au CTRI. Autrement dit, aussi longtemps qu’ils ne profiteront pas de cette manne générée par les nominations, ils continueront d’insulter le CTRI de toutes leurs cordes vocales. Malheureusement pour eux, le général Brice Clotaire Oligui Nguema leur a lancé un message clair depuis le Rwanda : << Les insultes ne nous touchent pas parce que nous sommes blindés. >>

S’il y a une chose que le PDG a réussi à faire avec brio dans ce pays, c’est bien de transformer les Gabonais en supermendiant et d’imposer cet esprit de facilité qui pousse de nombreux citoyens à vendre leur dignité. C’est le principe même du kounabelisme. Si la délivrance des Gabonais n’est pas perceptible par certains activistes de la diaspora gabonaise, ces derniers gagneraient à interroger les populations qui vivaient au quotidien le mépris du Parti Démocratique Gabonais. Le peuple n’a-t-il pas assez souffert ? Certains pédégistes ont même poussé le bouchon trop loin, au point de considérer les Gabonais comme irresponsables et vivant au-dessus de leur moyen. Faut-il retourner vers ce mépris parce que des activistes égoïstes n’ont pas été nommés ?

Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema a très bien compris le manège de ceux qui veulent monnayer leur soutien et il souligne : << Les gens se trompent… Ce n’est pas le Conseil de ministre qui crée les emplois. Ce n’est pas une nomination à l’Assemblée ou au Sénat qui crée l’emploi… Les gens s’agitent quand ils voient un Conseil de ministre. Et tout le monde regarde. On a nommé X, on ne m’a pas nommé… et commence à insulter. >> Ces propos du président montrent que le CTRI ne compte pas se laisser duper par les activistes qui ont toujours travaillé pour leur ventre et qui semblent se complaire dans le statut de réfugié politique en Occident.

Le but de la Transition n’est pas de contenter tous les arrivistes de la diaspora gabonaise. Les Gabonais attendent beaucoup de cette Transition. Que choisir, entre le retour du système Bongo-PDG et une Transition imparfaite ? Le choix me paraît clair.