On apprend dans une vidéo – qui ne manque pas de susciter la curiosité – que des agents grévistes de la CNAMGS seraient proposés au licenciement. Quels crimes de lèse-majesté exposeraient des compatriotes au chômage, c’est-à-dire à la misère ? Quels crimes impardonnables ont-ils commis à la CNAMGS pour exposer les enfants de ces derniers à la déscolarisation et la misère ?
Les directeurs des sociétés présentes sur le territoire gabonais devraient mesurer les décisions qu’ils prennent contre leurs agents. Contrairement à la France où le chômeur reçoit de l’argent et de nombreuses aides financières, le chômage s’apparente au Gabon à une descente aux enfers et une déshumanisation totale. Pourtant, nos différents gouvernements se vantent d’avoir fait de grandes avancées dans notre société : beaucoup estiment que les Gabonais sont heureux. Lorsqu’un Gabonais perd son emploi, c’est toute une famille qui en souffre, car nous vivons selon les principes de la famille élargie chers à notre culture. C’est la raison pour laquelle le licenciement en territoire gabonais ne devrait pas être pris à la légère.
Le licenciement injustifié – souvent pour des questions d’ego – contribue à la fracture sociale et menace le vivre ensemble. Quel sentiment aura un travailleur gabonais licencié abusivement quand sa famille broie du noir ? Quel sentiment nourrira le Gabonais licencié de l’administration gabonaise quand la même administration emploie et promeut à tout-va des expatriés qui viennent d’acquérir la nationalité ?
Ce sont par ailleurs les mêmes familles dépossédées de leurs emplois qui sont sollicitées dans les bureaux de vote. Où est la logique ? Le taux d’abstention aux élections doit nous interpeller à plus d’un titre, car il n’est pas seulement le fruit de l’exaspération des Gabonais face aux promesses politiques, mais est également le fruit de nombreuses injustices érigées en droits dans le pays. Les heurts survenus en Afrique du Sud entre autochtones et expatriés accusés d’occuper les emplois des Sud-Africains doivent nous servir de leçon.

Dans un pays où le licenciement abusif d’un employé plonge plusieurs familles gabonaises dans la misère, on aurait dû traiter ce problème comme un crime. Ainsi, toutes les personnes reconnues coupables de licenciement abusif au Gabon devraient être condamnées à des peines criminelles. En effet, on ne devrait pas injustement mettre en danger la vie d’une famille, s’en tirer sans égratignure et perpétrer cette infamie. C’est la raison pour laquelle les licenciements abusifs doivent être sévèrement punis par la justice gabonaise.


