La lâcheté de certains Gabonais a atteint un niveau incroyable ! Ne cherchons plus les raisons qui justifient la souffrance des Gabonais : c’est sa lâcheté légendaire. Le 9 mars 2023, le Gabon est endeuillé par le naufrage d’un bateau maudit appelé – on ne sait pour quelle raison – Esther Miracle. Le seul miracle que cette brouette des mers a su faire, c’est causer la mort de nos frères et sœurs. Pendant que nous sommes médusés par ce drame qui afflige tout un peuple, certains activistes gabonais, pour noyer leur chagrin (ou larmes de crocodile, voire larmes monétisées), ont choisi de se défouler sur les artistes gabonais.

Pour ceux qui l’ignorent, il existe désormais une véritable guerre de tranchées entre certains activistes politiques et quelques artistes. Certains activistes politiques en quête de popularité ont décidé de jeter une fatwa sur nos jeunes artistes qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Frustrés par le rejet de ces artistes qui ont refusé de mettre à la disposition des activistes ventripotents et douteux leur page Facebook et autres réseaux sociaux, nos charmants activistes irréprochables ont décidé de profiter du naufrage d’Esther Miracle pour régler leur compte. Quelle ignominie ! Profiter de la misère des gens, de la douleur des Gabonais, pour faire croire que les artistes n’ont aucune compassion et les jeter à la vindicte populaire. C’est tout simplement criminel et lâche. Il faut vraiment être démoniaque pour agir ainsi à un moment où le peuple est en pleure.

Le plus grand malheur de l’activiste gabonais repose sur la monétisation des pages Facebook et autres réseaux sociaux. Depuis la monétisation, nombreux sont les activistes qui ont trahi le combat politique en faisant de la distraction afin de multiplier de façon exponentiel leurs revenus Facebook. Leurs messages ne sont devenus que de simples prétextes pour gagner encore plus d’argent. Rappelons que tous les activistes politiques ne mangent pas de ce pain. Seuls, quelques égarés ont choisi cette voie.

Revenons sur la lâcheté d’un grand nombre de Gabonais. Avez-vous vu un artiste gabonais à la signature de la mise en service du ferry maudit Esther Miracle ? Quel artiste gabonais occupe un poste de direction au ministère des Transports ? Un artiste est-il ministre des Transports ? Un artiste est-il directeur des Douanes gabonaises ? Un artiste est-il amiral de la marine gabonaise ? Non. D’où vient donc cette idée qui voudrait que les artistes gabonais doivent expier leurs péchés devant ce naufrage dont ils ne sont pas responsables ? Cette idée nous vient de Gabonais haineux qui ne ratent pas une occasion pour distiller leur poison dans le cœur des simples d’esprit, des gens prompts à croire à tout et à rien.

Nous savons qui sont les responsables de la misère des Gabonais. Quand l’enseignant gabonais est payé pour vivre un demi-mois, il proteste. Que font les autres Gabonais ? Ils sont assis chez eux et disent que les enseignants exagèrent. Pour les activistes haineux, c’est toujours la faute des artistes.

Que disent les Gabonais lorsque les agents de la santé sont en grève pour réclamer de meilleures conditions de travail ? Ils disent que les infirmières exagèrent. Et, pour noyer leur colère, les activistes monétisés se tournent vers les artistes gabonais afin de cracher leur haine, car c’est aux artistes gabonais d’acheter du matériel médical et construire des hôpitaux. Le peuple, quant à lui, peut continuer d’aller aux meetings du ministre de la Santé qui a l’argent de la bière et des tee-shirts, mais n’a rien pour le matériel médical. Si on voit un artiste gabonais à ce meeting, ce sera sa faute si les Gabonais sont mal soignés. Peut-on vivre en Europe et réfléchir ainsi en plein 21e siècle ? C’est stupéfiant ! C’est horrifiant ! Réfléchir ainsi après avoir fait des études supérieures, c’est tout simplement regrettable !

La situation du syndicaliste Jean Rémy Yama ne met pas seulement en lumière la lâcheté de certains Gabonais, mais présente également l’ingratitude de ces derniers. Ce grand homme a lutté avec ses compagnons pour améliorer le vécu des Gabonais. Combien de Gabonais ont rendu un hommage mérité à son épouse ? Combien de Gabonais réclament fermement sa libération ? Son état de santé se dégrade. Où sont les Gabonais pour qui monsieur Jean Rémy Yama s’est battu ? Lorsque le pire arrivera en prison – on ne le souhaite pas – ce sont les artistes gabonais qui serviront encore de bouc émissaire pour couvrir notre propre lâcheté, notre propre ingratitude.

Terminons en soulignant que tout Gabonais qui se respecte connaît ses oppresseurs. S’il n’a pas le courage de les affronter ouvertement, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, et non aux autres. Acceptons sportivement notre lâcheté au lieu de s’en prendre aux artistes qui se cherchent dans un univers sans droits d’auteur.

J’espère que certains de nos activistes arrêteront d’encenser les artistes qui leur donnent l’argent qu’ils quémandent, et qu’ils arrêteront par ailleurs de jeter à la vindicte populaire ces autres artistes qui refusent de se plier à leurs caprices. Arrêtez avec ce chantage. Si l’argent est devenu la seule motivation de votre présence dans l’activisme gabonais, alors vous pourrez directement vous adresser au parti au pouvoir qui a toujours les caisses pleines, au lieu d’embêter les artistes gabonais. Arrêtez avec votre lâcheté. En Europe, tout le monde peut se montrer courageux devant son ordinateur et faire croire qu’on a le monopole de la compassion.

En ce qui concerne les concerts programmés à cette triste période de deuil, le bon sens voudrait qu’ils soient reportés. Comment participer à un concert quand les recherchent n’ont pas encore permis aux familles durement éplorées de voir tous les corps de nos disparus ? Il faut être sans cœur et un peu sorcier pour s’amuser à un moment pareil.

Je ne me fais pas des illusions. Je n’attends rien de nos dirigeants qui ont largement montré leurs limites en ce qui concerne la gestion du pays. Les prix ont sauvagement augmenté, alors que les salaires n’ont pas suivi la même ascension. Voyez-vous des routes ? Où sont les logements ? Où sont les universités ? Nous serons les derniers de l’Afrique. Je n’attends pas de décisions réalistes pour le naufrage du 9 mars au Gabon. Le véritable Miracle de ce bateau, c’est d’avoir rempli les poches de ses propriétaires. Le pire est à venir. 

Je m’arrête là. On va encore dire que N’zassy parle trop.