Depuis sa débâcle au Mali où elle a dû plier bagage, la France est désormais aux abois. Comme si l’éjection du Mali ne lui suffisait pas, le pays du général de Gaulle doit essuyer un autre revers au Burkina. Il faut encore ajouter la sortie humiliante de la France en Centrafrique, chassée comme la peste par les populations dont l’exaspération vis-à-vis de la France avait atteint son apogée.
Certains peuples conscients et désireux de prendre en main leur destin ont décidé de remercier le colonisateur comme un malpropre, une sangsue centenaire. Ce dernier a su profiter de ces nations après la période postcoloniale, c’est-à-dire à partir de la fausse indépendance des années 60.
Déboussolée par ses nombreuses défaites coloniales, démantelée par des peuples épris de liberté, acculée, dos au mur face à une Afrique qui se réveille progressivement, poussée dans ses derniers retranchements de colonisateur pilleur de ressources, dans un moment de désespoir total, la France va prendre une décision drastique afin d’endiguer la décolonisation de l’Afrique francophone dont le Mali devient un symbole vivant : interdire le territoire français à l’activiste panafricaine Nathalie Yamb.

Le gouvernement français a donc estimé que la soumission de l’Afrique francophone reviendrait assurément et de façon irréversible s’il s’en prenait aux activistes panafricains comme Nathalie Yamb et Kémi Séba. Une réunion se tenait autour des armoiries de la « junte française » (pour parler comme le colonel Abdoulaye Maïga), pour prendre la décision capitale, supra-étatique, voire surnaturelle, d’interdire l’accès en France (pays des Droits de l’Homme sans l’Afrique) à Nathalie Yamb.
Serait-il possible qu’une femme, seule, sans bombe atomique, n’ayant pour seule arme que sa parole et son amour pour l’Afrique, mette le gouvernement d’une puissance nucléaire en déroute ? Serait-il possible que le pays des Droits de l’Homme ait décidé de s’en prendre à une dame dont le seul crime est de souhaiter la liberté des Africains ? Cette même liberté dont jouit la France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de l’occupation Nazie. Cette même occupation que la France impose avec son armée dans les pays francophone sous de faux accords qui cachent très mal la recolonisation de l’Afrique Noire.
Rappelons qu’en dehors de ses origines africaines, Nathalie Yamb est également Suissesse. Par conséquent, interdire le sol français à un Suisse, reviendrait pour la Corée du Nord à interdire son sol à un Coréen du Sud. La France peut-elle faire rêver un Suisse ? C’est absurde. Pourtant, la décision surréaliste notifiée à Nathalie Yamb semble nous démontrer le contraire. Or, nous savons que ce sont les Français qui rêvent de la Suisse, et pas l’inverse. En effet, la Suisse est un Eldorado pour les nombreux Français qui y vont pour trouver un emploi et de meilleurs salaires, comme le dit Nathalie Yamb : « Monsieur Macron, où est-ce que vous avez vu qu’un Suisse a besoin d’aller en France ? Ce sont vos ressortissants qui envahissent la Suisse pour trouver du travail et un salaire décent ». Un Suisse ne voit donc pas la France comme un pays qu’il faut absolument visiter. Quel est alors le sens de cette décision ?
Il faut dire que la France a toujours pratiqué le chantage du visa : si un Africain refuse de se soumettre au néocolonialisme français, Paris se charge de lui refuser le visa français (Schengen). Le pays des Droits de l’Homme n’aime pas du tout la liberté d’expression des Africains francophones. C’est pour cette raison que le pays du Paris Saint-Germain s’en prend à Nathalie Yamb. Cette dernière ne voit d’ailleurs pas ce qu’elle irait faire en France. Elle est Suissesse.
Il est peut-être important que le gouvernement français comprenne qu’aller en France n’est plus le rêve de tous les Africains francophones. Le chantage du visa ne marche donc plus à tous les coups. L’Africain veut désormais profiter de sa souveraineté et des richesses de son sol. Le Mur de Berlin a fini par tomber. Il en sera de même pour les murs de la Françafrique et du néocolonialisme.
Ce n’est pas un sentiment anti-français. C’est un sentiment de liberté, car aucune nation ne peut demeurer l’esclave d’une autre nation ad vitam æternam.


