Direction de la Zone Académique Ngounié / Nyanga

Lycée Technique Nyonda Makita

Baccalauréat technologique blanc

Session d’avril 2022

Filière : STT

Spécialités : ACA / ACC / CG

Épreuve : Français

Coefficients : 4 / 3 / 3

Durée : 4 heures

Les candidats traiteront au choix l’un des sujets suivants.

SUJET 1 : ETUDE DU TEXTE ARGUMENTATIF

Devenus un réel business au Gabon, les cours particuliers chez les écoliers et les élèves sont de plus en plus à la mode. Il faut croire que le niveau des enfants a considérablement baissé au Gabon : les enseignants s’en plaignent ; les parents ne savent plus à quel saint se vouer. Chacun essaie à sa manière de sauver l’apprenant qui se noie dans ses lacunes et tente de regagner la rive de la connaissance.

Face à ce désarroi, les cours particuliers deviennent la solution incontournable pour les parents et les enseignants. Comme dans tous les phénomènes à la mode, ces cours revêtent bien de revers. En effet, nombreux sont les charlatans scolaires qui ont flairé le bon filon : ils proposent des cours particuliers qui n’apportent rien de bon ou ne permettent pas à l’apprenant de sortir de son ignorance. Bien au contraire, il est maintenu dans celle-ci pour permettre la perpétuation – d’année en année – de ces fameux cours.

Comment combler les lacunes d’un élève de 5e qui vous assure un revenu permanent et qui peut vous l’assurer jusqu’en classe de terminale ? Les charlatans scolaires ont trouvé la stratégie : maintenir cet élève sous perfusion jusqu’en terminale. Si cette victime paie à son bourreau 50.000 FCFA par mois (en considérant qu’il paie 9 mois sur 12), il dépensera une belle somme rondelette de 450.000 FCFA par an. Comme ce dindon se fera plumer jusqu’en terminale, il dépensera au total 2.700.000 FCFA. Une belle arnaque en bonne et due forme qui ne laisse aucune trace auprès des parents naïfs. Qui alimente cette fourberie ? Les parents eux-mêmes. Pourquoi ? Les causes sont multiples.

Beaucoup de parents voient le redoublement de leurs enfants comme un échec définitif. Combien de parents acceptent encore de voir leurs enfants redoubler une classe ? Ils ne sont plus très nombreux. C’est pour cette raison qu’ils ont recours aux enseignants. La mission est simple : soutenir les enfants à travers des cours particuliers et assurer le passage de ces derniers en classe supérieure. Ce que certains charlatans scolaires savent très bien faire en jouant avec les notes des élèves en classe, en touchant aux relevés de notes des collègues, en se procurant les futurs devoirs des collègues ou en offrant un petit pourboire à l’informaticien qui ne commettra que des erreurs en faveur de l’élève. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va mouiller le maillot pour booster le passage de l’apprenant.

Les conséquences de ce comportement sont claires : beaucoup d’enfants se retrouvent en classe supérieure sans niveau. Le même charlatan scolaire est souvent le premier à monter au créneau pour dire que le niveau scolaire baisse et que l’établissement recrute de mauvais élèves. Il en profite au passage pour invectiver le chef d’établissement qui tente de lui mettre les bâtons dans les roues quand ce dernier ne prend pas part à l’arnaque. Il s’arrange à le faire muter quand il le peut, car le charlatan scolaire a parfois le bras long. […]

Le charlatan scolaire n’est jamais loin dans cette affaire. Il connait très bien l’appréhension des parents pour le redoublement et promet de transformer l’apprenant en génie. Ce collégien obtiendra le BEPC et le baccalauréat. Le charlatan scolaire y veillera personnellement, car il a parfois le bras très long et il vaut mieux éviter de s’opposer à lui (les numéros privés de tous les barons politiques du coin occupent la mémoire de son téléphone). Que devient l’enfant dans ce business ? Quel sera son sort après le baccalauréat ? […]

Faut-il encore faire confiance aux cours particuliers ?

[…] Il est vrai que nous rencontrons une pléiade de dérives, cependant, il ne faut pas croire que tous les enseignants qui donnent ces cours sont des charlatans scolaires. Nombreux sont d’ailleurs très professionnels. Malheureusement, ces professeurs deviennent des spécimens rares.

Arnaud N’ZASSY, «  Faut-il encore faire confiance aux cours particuliers ? », 25 septembre 2021, Inédit.

I. Questions de compréhension et d’analyse (8 points)

1- A l’aide du lexique usité par le locuteur, proposez un thème à ce texte. (2 pts)

2- Relevez et analysez deux modalisateurs marquant la subjectivité du locuteur. (2 pts)

3- Quelle est la tonalité dominante de ce texte ? Justifiez votre réponse. (2 pts)

4- Dégagez la structure argumentative de ce texte. (2 pts)

II. Travail d’écriture (12 points)

Selon Arnaud N’ZASSY : « le niveau des enfants a considérablement baissé au Gabon ». En tant qu’apprenant, quelle voie de sortie préconisez-vous à ce phénomène ?

SUJET 2 : DISSERTATION GENERALE (20 points)

Après l’abolition de plusieurs mesures restrictives visant à se protéger contre la covid 19 au Gabon, des voix se lèvent : « le coronavirus est une affaire dépassée ». Etes-vous pour ou contre cette affirmation ? Dans une argumentation structurée et illustrée d’exemples précis, vous répondrez à cette interrogation.

SUJET 3 : DISSERTATION LITTÉRAIRE (20 points)

L’écrivain congolais Daniel Biyaoula estime : « l’écrivain doit mettre du doigt sur ce qui ne va pas. Il doit aider les autres à réfléchir ». Peut-on, selon vous, accorder du crédit à cette assertion ? A travers une argumentation rigoureusement organisée, nourrie par des références à votre culture de lecteur, vous réagirez à cette interrogation.