(Rédigé par Arnaud N’zassy)


Maître Ndouna-Dépénaud, tu es parti trop tôt. Ô grand maître ! Tes vers ont bercé notre enfance ; notre enfance de petit Gabonais. Tu es parti trop tôt. Le rêve, oui, le rêve. Nous avons tous rêvé. Est-il possible de ne pas rêver quand « L’espoir marche / Vers l’avenir » ? Oui. Nous avons rêvé d’un avenir glorieux. Ta poésie était la promesse d’un avenir meilleur pour les jeunes écoliers que nous étions. Tu es parti trop tôt.

Voici plusieurs décennies que Ndouna-Dépénaud nous a quittés. Ils laissent un grand vide dans le paysage littéraire gabonais. Il ne se passe pas un seul jour où je me demande ce que nous aurions pu avoir comme héritage littéraire si ce grand poète ne nous avait pas été enlevé.

Ndouna-Dépénaud, Passages, Éditions Raponda Walker.

Aujourd’hui, je reste songeur. Où est le centre culturel Ndouna-Dépénaud ? Où est le monument de ce poète qui a bercé notre enfance ? À Libreville, aucun monument ne rend hommage à ce héros de la culture gabonaise, à ce héros de la littérature nationale, à ce héros de la culture africaine. Oui, car ce « Toit de paille » est bien celui de nos villages, de notre culture. Qui réparera cette injustice ?

À Libreville, je cherche et continue de chercher le monument de Ndouna-Dépénaud. Honte à tous les Gabonais ! Honte à ceux qui ne savent pas honorer leurs héros ! Honte à vous !

C’est dans mon cœur que je dresse ce monument et prie pour que l’avenir que tu as évoqué te rende justice. Cher père, cher poète, cet hommage est une fleur que je dépose au pied de ce monument intérieur.

Ndouna-Dépénaud

À Siloé


Siloé, ma sœur !
Sens-tu cette douceur
De la nuit ?

Une étoile, dans les cieux
Profonds et silencieux,
Pour nous, luit.
Allons faire un tour
Dans l’ombre du jour,
Qui fuit.
 
La lune comme de miel,
Lentement dans le ciel,
S’enfuit.
 
L’herbe frémit, douce
Comme la mousse,
Sans bruit.
 
Siloé, ma sœur !
Elle est toute douceur
Cette nuit.
 
Ndouna-Dépénaud

, Passages, Éditions Raponda Walker