(Rédigé par Arnaud N’zassy)
Après avoir obtenu 300.000 FCFA de la production de Sean Bridon, un artiste gabonais manifeste son mécontentement au micro de N’zassy.
N’zassy : Bonjour cher artiste.
Serpent bleu : Bonjour.
N’zassy : Vous êtes l’artiste Serpent bleu. Vous êtes considéré comme l’espoir de la musique gabonaise.
Serpent bleu : Oui.
N’zassy : Dites-nous d’abord d’où vient le surnom << Serpent bleu >>. Le serpent bleu existe-t-il ?
Serpent bleu : Le nom, Serpent bleu, me vient de mon enfance. Quand j’étais gamin, j’ai été mordu par un serpent.
N’zassy : Était-ce un serpent bleu ?
Serpent bleu : Non. Le serpent n’était pas bleu. C’est parce que je portais un slip bleu ce jour-là.
N’zassy : Vous portiez un slip bleu le jour de la morsure.
Serpent bleu : Oui. C’est pourquoi mes camarades ont commencé à m’appeler Serpent bleu. J’ai décidé de garder ce surnom pour ma carrière musicale.
N’zassy : Merci pour l’exclusivité de cette révélation. Le blog N’zassy vous remercie. Commençons par le début. Votre nom est sorti dans la liste de Sean Bridon. La liste des 500.000 $.
Serpent bleu : Oui. Mon nom était dans la liste.
N’zassy : Vous avez donc eu votre part.
Serpent bleu : Oui. J’ai eu 300.000 FCFA.
N’zassy : Quand vous m’avez appelé, vous disiez que vous n’étiez pas content. Pourquoi ?
Serpent bleu : J’ai dit que je ne suis pas content. Quand Sean Bridon a commencé son projet, cela ne me disait rien. Lorsque la liste est sortie avec mon nom, je n’ai plus dormi depuis ce jour. Les beaux-parents m’ont appelé. Ils ont exigé que j’aille faire le cococo à leur fille.
N’zassy : Êtes-vous marié ?
Serpent bleu : Non. Je n’ai fait ni cococo ni fiançailles. Ni mariage coutumier ni mariage à l’état civil.
N’zassy : Je vois.
Serpent bleu : Quand les beaux-parents ont vu mon nom dans la liste de Sean Bridon, ils ont exigé que je fasse le cococo à 1.500.000 FCFA.
N’zassy : 1.500.000 FCFA le cococo ! N’est-ce pas exagéré ?
Serpent bleu : C’est le beau-père qui a fait les calculs. Il m’a dit que 500.000 $ ÷ par 184 = 2717,39 $. Selon ses calculs, chaque artiste devait avoir 1.792.118 FCFA environ. Toujours selon ses calculs, si je n’avais rien eu, c’était au moins 1.500.000 FCFA. Il m’a dit qu’il attendait les 1.500.000 FCFA pour le cococo de sa fille.
N’zassy : Finalement, qu’est-ce qui vous met en colère ?
Serpent bleu : Quand je me rends chez Sean Bridon, il me donne 300.000 FCFA.
N’zassy : Vous n’êtes donc pas d’accord avec les 300.000 FCFA.
Serpent bleu : Oui. Je ne suis pas d’accord. Mon beau-père me menace. Il croit que j’ai reçu les 1.792.118 FCFA et que je refuse de faire le cococo de sa fille. A l’heure où je vous parle, ma petite amie est retournée chez ses parents. Le père m’a dit que sa fille ne retournera pas chez moi tant qu’il ne verra pas les 1.500.000 FCFA devant sa porte. Vous voyez dans quoi Sean Bridon me met ?
N’zassy : 1.500.000 FCFA pour un cococo ! Est-ce que l’on va s’en sortir un jour ? On comprend pourquoi les jeunes hommes craignent de s’engager dans une relation sérieuse.
Serpent bleu : Il m’a dit : << C’est ça ou rien ! >>
N’zassy : A ce prix du cococo, je suppose que vous l’avez trouvée vierge.
Serpent bleu : Non. Je l’ai trouvée avec trois enfants.
N’zassy : Comment ?
Serpent bleu : Trois enfants.
N’zassy : Donc, vous la trouvez avec trois enfants et on vous exige de donner un cococo de 1.500.000 FCFA. Nous ne sommes plus loin du commerce des filles dans la société gabonaise.
Serpent bleu : Monsieur N’zassy, ça me dépasse.

N’zassy : Quel message voulez-vous lancer à Sean Bridon ?
Serpent bleu : Je veux qu’il reprenne le calcul. Je pense que sa calculatrice ne divise pas bien.
N’zassy : En ce qui me concerne, j’ai quand même vu trois montants : 300.000 FCFA ; 500.000 FCFA et 1.000.000 FCFA. Une calculatrice défectueuse ne peut tout de même pas donner trois faux résultats pour la même opération.
Serpent bleu : Et s’il avait utilisé trois calculatrices défectueuses ?
N’zassy : Je veux bien vous croire, mais le bonhomme a quand même les moyens de s’acheter une usine de calculatrice. Pourquoi achèterait-il trois calculatrices défectueuses ?
Serpent bleu : Je ne sais pas. Mais j’ai décidé de retourner chez lui avec ma propre calculatrice. On va reprendre les calculs.

N’zassy : D’accord. Je vous crois. Comme vous n’êtes pas pressé de rentrer vu que personne ne vous attend à la maison, je vous offre une bière au coin de la ruelle, si cela ne vous dérange pas.
Serpent bleu : Merci. Les enfants m’attendent à la maison.
N’zassy : Quels enfants ?
Serpent bleu : Les trois dont je vous ai parlé.
N’zassy : Vous avez dit que votre petite amie était chez votre beau-père.
Serpent bleu : C’est vrai, mais elle m’a laissé les enfants.
N’zassy : Eh ben dis donc !
Serpent bleu : On va encore faire comment ?
N’zassy : Dans tous les cas, 300.000 FCFA, c’est beaucoup quand on a des idées. Certains commencent avec moins que ça. Merci de m’avoir accordé cette interview.
Serpent bleu : De rien.
N’zassy : Merci.


