(Rédigé par Arnaud N’zassy)

Un Superfan des Vérités de Bitome s’exprime au micro de N’zassy sur la question de la voiture prétendument demandée au chef de l’État gabonais.


N’zassy : Bonjour monsieur.
Le Superfan : Bonjour.
N’zassy : Je rappelle que vous êtes un superfan de monsieur Bitome, car vous suivez Les Vérités de Bitome. Vous suivez même ses déplacements.
Le Superfan : Je confirme. Je suis son superfan N°1. Je sais quel plat il mange et dans quel restaurant.
N’zassy : C’est ce que l’on appelle la loyauté. Il a de la chance d’avoir des fans comme vous.
Le Superfan : Oui. C’est ça.
N’zassy : On dit que monsieur Bitome a demandé une voiture au chef de l’État, son Excellence Ali Bongo Ondimba. Est-ce vrai ?
Le Superfan : C’est faux ! Il n’a jamais demandé de voiture. Il a juste dit : << Même si Ali Ben m’achète une voiture, c’est par rapport au travail que je fais… parce que, me déplacer, il me faut une voiture. >> Ça ne veut pas dire qu’il a demandé une voiture !
N’zassy : Et, quel travail fait-il ?
Le Superfan : Il parle des problèmes du Gabon. Il se déplace beaucoup pour ça. Une voiture peut lui permettre d’aller d’un point A à un point B. C’est quand même important d’avoir une voiture. Comme j’ai dit, il n’a rien demandé.
N’zassy : Vous savez quand même qu’il n’est pas le seul à parler des problèmes du Gabon.
Le Superfan : Personne ne présente les problèmes du Gabon comme lui.
N’zassy : Je suis d’accord. Il a son style… que j’apprécie d’ailleurs. Mais… si le chef de l’État donnait une voiture à toutes les personnes qui parlent des problèmes du Gabon, le budget de l’État ne suffirait pas à couvrir tous les besoins en véhicule. Il faudrait en donner à tous les membres du Copil Citoyen qui parlent des problèmes du Gabon. Il faudrait aussi penser à toutes les associations qui vont dans le même sens ; les membres des partis politiques de l’opposition ; les activistes politiques de la diaspora et d’ici ; les artistes ; voire toute la population gabonaise. La liste est longue.
Le Superfan : Est-ce qu’il a demandé de donner une voiture à tout le monde ? Il dit qu’il a besoin d’une voiture pour le travail qu’il fait. Il n’a pas parlé du travail des autres. Chacun sait ce qu’il faut pour son travail. Il présente juste un besoin. Il ne demande rien. Monsieur N’zassy, si je marche dans la rue et je dis que j’ai besoin d’un avion… Est-ce que ça veut dire que quelqu’un doit m’acheter un avion ?
N’zassy : Il a pourtant dit : << C’est l’argent du Gabon. C’est le président gabonais. S’il fait un don pour me donner une voiture, je serai l’homme le plus heureux. >>
Le Superfan : Il a raison ! C’est l’argent des Gabonais.
N’zassy : Vous supposez ainsi que le chef de l’État devrait puiser dans les caisses pour offrir une voiture à votre star.
Le Superfan : C’est l’argent des Gabonais.
N’zassy : S’il le fait, n’allez-vous pas l’accuser plus tard de dilapider les fonds publics pour acheter des voitures à ses bons petits ? N’est-ce pas contradictoires d’accepter du chef de l’État une voiture gratuite quand cet argent peut permettre de résoudre les problèmes présentés par Les Vérités de Bitome ?
Le Superfan : Ça fait quoi, si le chef de l’État donne une voiture à Bitome ? Est-ce qu’il prend cet argent dans ton salaire de faux journaliste ? Pourquoi les Gabonais sont jaloux comme ça ? Donc, ça te fait mal si le chef de l’État lui donne une voiture !
N’zassy : Cette voiture peut servir d’ambulance dans une ville du Gabon. Savez-vous qu’il n’y a pas d’ambulance à Mbigou ? N’est-ce pas mieux de demander une voiture au chef de l’État pour cette magnifique ville du Gabon ?
Le Superfan : Je vois.
N’zassy : Vous me comprenez maintenant…
Le Superfan : Oui. Je comprends surtout que vous êtes jaloux de Bitome parce que vous n’avez jamais croisé le président.
N’zassy : Je ne vois pas le rapport avec la voiture.
Le Superfan : Tu ne peux rien voir parce que tu es un jaloux, aigri et sorcier !
N’zassy : Ne vous emportez pas…
Le Superfan : Je ne réponds plus à vos questions !
N’zassy : Je vous en prie… une dernière question.
Le Superfan : Je ne réponds plus…
N’zassy : Je vais quand même la poser si vous le permettez. Dans sa vidéo, notre frère Bitome a dit : << Monsieur le président, je n’ai jamais reçu votre voiture… Je n’ai jamais reçu votre argent à cause des enfants qui sont aux alentours de vous… que vous donnez les ordres. Eux, ils se disent qu’ils sont plus puissants que vous… >> Ces propos nous laissent croire que monsieur Bitome était censé recevoir de l’argent ou un véhicule de la part du chef de l’État. Ce projet semble n’avoir jamais vu le jour << à cause >>… Il dit bien << à cause >>… Le chef de l’État lui aurait-il promis une voiture ?
Le Superfan : Je sens que je vais finir par vous bastonner.


N’zassy : Pas besoin de vous énerver. J’arrête de vous poser des questions. Je vous prie juste de m’aider à construire ma liste des personnes qui parlent des problèmes du Gabon. Nous allons demander des voitures. Est-ce que vous pouvez écrire ?
Le Superfan : Oui, tant que vous ne me posez plus de questions.
N’zassy : C’est parfait ! Bon… J’ai besoin d’une Mercedes Coupé 300 SLR Uhlenhaut 1955.
Le Superfan : C’est cher ça !
N’zassy : J’ai des goûts de luxe.
Le Superfan : Ça se voit.
N’zassy : Comme Ferryse aime bien parler des problèmes du Gabon, pour lui, nous mettrons la Mercedes 540 K Spécial Roadster 1937.
Le Superfan : Ah ça !
N’zassy : Quant à Bernard, c’est un adepte du tour du Gabon. Pour aller plus vite et plus loin dans le Gabon profond, il lui faut la Mercedes W196 R F1 1954.
Le Superfan : Pourquoi c’est vous qui choisissez la voiture la plus chère ?
N’zassy : C’est parce que c’est moi qui fais la liste. La charité bien ordonnée du Gabonais commence toujours par lui-même et s’achève sur lui-même.
Le Superfan : Monsieur N’zassy, vous êtes un malhonnête…
N’zassy : Continuons la liste. Pour Bob le Fou, une Mercedes…
Le Superfan : Non ! Je vous arrête. C’est un grand qui a le manquement. Pas de Mercedes pour lui.
N’zassy : D’accord, puisque vous le dites.
Le Superfan : J’écris une Toyota Carina 2 pour Bob le Fou. C’est tout.
N’zassy : Et pour Le Sanglier…
Le Superfan : Vérité des vérités aya, il n’aura rien. Les voitures, c’est pour ceux qui parlent des problèmes du Gabon. Lui, il parle des problèmes du Mali. Il va demander sa voiture au Président Assimi Goïta.
N’zassy : J’en profite d’ailleurs pour saluer le Président malien, son Excellence Assimi Goïta qui est une fierté pour l’Afrique. Merci de marcher sur les pas de Thomas Sankara. Merci au Mali et au peuple malien pour cet espoir de liberté.
Le Superfan : Et si le Président envoie l’argent ?
N’zassy : Je le redistribue en fonction du prix des voitures.
Le Superfan : Eh ! Monsieur N’zassy ! Vous êtes malhonnêtes, mais vous n’êtes pas intelligent.
N’zassy : Pourquoi ?
Le Superfan : Parce que vous ne suivez pas.
N’zassy : Ah bon !
Le Superfan : Oui. Dans la vie, il faut suivre. Quand le chef de l’État donne à un ministre 10 millions pour les habitants d’un village, par exemple. Le ministre arrive dans cette région et dit au gouverneur que le Président a envoyé 6 millions pour le village. Le gouverneur appelle le préfet et lui dit que le Président a envoyé 3 millions. Le préfet appelle le sous-préfet et lui dit que le Président a envoyé 1 million. Le sous-préfet rencontre le chef du village et lui dit que le Président a envoyé dix moustiquaires pour lutter contre le paludisme. Le chef du village explique aux villageois pourquoi le Président n’a envoyé que six moustiquaires. Tout le village est content pour les cadeaux envoyés par le Président. Chacun a trouvé son compte dans cette affaire. Voilà comment on fait !
N’zassy : Bon… nous continuerons la liste demain. Tout cela est trop fort pour moi. Merci de m’avoir accordé cette interview.
Le Superfan : Vous n’êtes pas ambitieux. Vous n’irez pas loin.
N’zassy : Merci. Je crois que la vente du citron est mieux.