(Rédigé par Arnaud N’zassy)
Dans son allocution pour la << célébration de l’an 1 du PPA-CI >>, le président Laurent Gbagbo a défini la dictature. Cette définition illustre parfaitement ce qui se passe dans bon nombre de pays africains. Notons que les analyses de l’ancien président de la Côte d’Ivoire ont toujours été poignantes, percutantes et véridiques. D’ailleurs, ce type d’exercice est devenu une marque déposée chez ce grand intellectuel africain. Regardons de près cette définition :
<< Le coup d’État militaire existe. Mais il y a aussi le coup d’État civil… Le Premier ministre malien l’a dit de façon plus amplifiée parce que c’était à la tribune de l’ONU… Il a dit, c’est l’art de se dribbler en gardant le ballon… Je vais dire, tout ça, ce sont des coups d’État. Et, si on ne regarde que les coups d’État militaires sans regarder les coups d’État civils, on ne va pas peut-être comprendre pourquoi il y a des coups d’État militaires…
Les coups d’État militaires sont souvent des réponses aux coups d’État civils. J’ai dit souvent… Mais… enfin… si la constitution dit que tu as deux mandats à faire… fais-les, puis, va t’asseoir ! Je ne comprends pas… Il y a une chose que je ne comprends pas. Il y en a qui disent » Ah, mais oui, je n’ai pas fini le programme-là que j’ai commencé. »

Mais en politique, on ne finit pas de programme… parce que les programmes que vous concevez avant d’arriver au pouvoir… quand vous les mettez en pratique, leurs conséquences et leurs conséquences… et leurs conséquences… c’est long. Donc, si vous voulez attendre de finir les conséquences des conséquences de vos programmes, vous allez rester au pouvoir toute votre vie. Alors, en voulant rester au pouvoir toute votre vie, c’est la dictature. C’est la dictature. >>
On ne peut être plus précis. Le président Laurent Gbagbo nous montre, une fois de plus, qu’il n’a pas sa langue dans la poche. Aucune prison – CPI ou autres – n’enlèvera la vérité de sa bouche. S’il a fait un pas vers ses adversaires politiques pour désamorcer les tensions en Côte d’Ivoire, il demeure cependant égal à lui-même.


