(Rédigé par Arnaud N’zassy)
Après avoir plongé certains quartiers de Lambaréné dans l’obscurité totale plus de 24h, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), nous parle de son prix Nobel des Délestages au micro de N’zassy.
N’zassy : Bonjour Dame SEEG ! Alors, c’est ce matin que vous avez appris que vous étiez nominée au Nobel. Devenant ainsi la première gabonaise à obtenir le prix Nobel des Délestages. Rappelons que vous partagez ce prix avec votre consœur Veolia.
Dame SEEG : Franchement, je suis surexcitée par cette nouvelle !
N’zassy : C’est le moins que l’on puisse dire. Quand avez-vous appris la nouvelle ?
Dame SEEG : Ce matin, à 6h. On m’a informée que certains quartiers de Lambaréné venaient de dépasser la barre de 24h sans électricité. Un délestage magistral qui m’a valu ce prix tellement convoité.
N’zassy : C’est-à-dire 24h dans l’obscurité, en plein 21e siècle et dans l’un des pays les plus riches au monde, que dis-je, de la galaxie.
Dame SEEG : Oui. Franchement, c’est un exploit ! Je suis fière de moi.
N’zassy : Ne pensez-vous pas que le Gabon aurait pu construire des barrages hydroélectriques dans chaque province en soixante ans de dépendance, je veux dire d’indépendance ? L’Ogooué traverse quand même tout le pays.
Dame SEEG : Mon frère, moi-même, je voulais faire, mais les gens-là préfèrent manger l’argent au lieu d’investir au Gabon. Ils sont allés me chercher l’autre-là. Ils m’ont dit qu’on va maintenant être copine.
N’zassy : De qui parlez-vous ?
Dame SEEG : La copine qui est venue m’aider à manger l’argent.
N’zassy : Vous voulez parler de la nébuleuse Veolia.
Dame SEEG : C’est elle.
N’zassy : Quand on veut avancer dans la vie, il faut parfois éviter les mauvaises fréquentations. Surtout celles qui vous sucent comme une sangsue et vous laissent tomber après avoir profité de vous. Qu’est-ce qui s’est passé avec votre copine ?
Dame SEEG : C’est comme vous voyez. Ce prix Nobel des Délestages est le résultat de cette grande collaboration avec ma copine Veolia. Comme je ne suis pas ingrate, je tiens à partager ce prix Nobel avec elle.
N’zassy : Le 20, 21 et 22 septembre 2022, des quartiers de Lambaréné sont privés d’électricité à cause d’un problème de gasoil. Est-ce normal, dans un pays qui a les moyens de construire des barrages hydroélectriques ?
Dame SEEG : Qui vous a parlé de gasoil ? Écoutez. Monsieur N’zassy, on ne fait pas de délestage sans casser des œufs. Est-ce que j’aurais obtenu le prix Nobel des Délestages si j’avais construit des barrages hydroélectriques ?
N’zassy : Vous teniez donc véritablement à remporter ce prix.
Dame SEEG : Oui. Ma copine Veolia et moi avons durement travaillé pour l’obtenir.
N’zassy : Avez-vous un mot à l’endroit de votre copine ?
Dame SEEG : Je tiens à partager ce prix avec ma copine Veolia. Sans elle, je ne serais jamais arrivée là. Elle m’a toujours encouragée. Je tiens aussi à remercier la hiérarchie qui n’a ménagé aucun effort pour que j’obtienne ce prix.
N’zassy : Peut-être aussi un mot à l’endroit des populations de Lambaréné.
Dame SEEG : Franchement, je remercie tous mes fans de Lambaréné. Que Dieu vous protège ! Je vous attends à la caisse pour les factures de cette fin de mois. Aucun retard ne sera toléré. Je vous fais des gros bisous !
N’zassy : Merci, Dame SEEG pour cette interview édifiante.
Dame SEEG : C’est moi qui vous remercie, monsieur N’zassy. Je vous ai réservé trois valises. C’est là.
N’zassy : C’est plutôt robuste comme per diem des frais de transport. Combien y a-t-il ?
Dame SEEG : 1 milliard 180 millions.
N’zassy : Non, merci. Utilisez plutôt cet argent pour construire des barrages hydroélectriques ou remboursez la nourriture des populations qui se gâte dans les congélateurs.
Dame SEEG : Monsieur N’zassy, vous êtes libre de refuser l’argent, mais ne me dites pas comment le gérer. C’est un manque de respect.
N’zassy : N’est-ce pas l’argent des Gabonais ?
Dame SEEG : Vous savez depuis combien d’années je travaille ? D’ailleurs, nous allons l’utiliser pour acheter les feux d’artifice du 17 août prochain. Les Gabonais aiment la fête. Sachez que je vais donner votre nom à qui de droit. Je verrai comment vous allez encore faire l’intéressant dans ce pays.
N’zassy : Merci quand même pour l’interview.
Dame SEEG : Va là-bas ! Tu veux prouver quoi ? Tu es qui dans ce pays ?

N’zassy : Juste un petit blogueur.
Dame SEEG : Fous-moi le camp !
N’zassy : Merci.
Dame SEEG : Vous allez entendre parler de moi.
N’zassy : Dame SEEG !
Dame SEEG : Quoi encore ?
N’zassy : Après réflexion, je crois que je vais prendre les valises.
Dame SEEG : C’est trop tard. Je ne donne pas mon argent aux imbéciles. Vous n’êtes pas ambitieux.
N’zassy : Bon, merci pour l’interview.
Dame SEEG : Dégage !
N’zassy : C’est vraiment compliqué de discuter avec les Gabonais.


